Traumatisme émotionnel et psychologique : comment guérir efficacement ?

En revanche, un faible nombre de victimes se répareront en adhérant à la loi du plus fort et en reproduisant des violences, ce qui alimentera la production de nouvelles violences dans un processus sans fin. Cela passe par une protection sans faille de tout être humain pour qu’il ne subisse pas de violences, et plus particulièrement des enfants et des femmes qui en sont les victimes les plus fréquentes. Mais cela ne suffit pas, il faut que les auteurs de violences soient pris en charge et traités dès les premières violences, dans le cadre d’une éducation à la non-violence et de soins spécialisés pour traiter leur mémoire traumatique et leur addiction à la violence. La fatigue de compassion peut aussi toucher les soignants: elle se traduit par une impression d’être immergé dans un monde horrifiant, de l’épuisement et un sentiment d’incapacité à être empathique à la douleur des autres. Il existe de nombreux médicaments que vous pouvez prendre pour “amortir” le système nerveux sympathique (qui augmentent votre réaction au stress lorsque vous rencontrez un évènement stressant), mais il n’y a aucun médicament qui stimule le système nerveux parasympathique (qui aide à apaiser votre corps après que les événements stressants aient disparus). ● L’approche thérapeutique de la « Somatic Experiencing » offre les conditions permettant à la personne de retrouver sa capacité d’action, unesaine maîtrise d’elle-même et un élargissement de ses choix. D’ailleurs, les psychothérapeutes utilisent aujourd’hui assez volontiers, en parallèle, des approches corporelles, le yoga, la relaxation, des exercices de respiration, de la méditation de pleine conscience (mindfulness) . Le neurofeedback par électroencéphalogramme (EEG) est une approche clinique pour guérir des traumatismes de l’enfance dans laquelle le patient apprend à influencer ses pensées et ses émotions en regardant son activité cérébrale en temps réel, sur un écran d’ordinateur. Une fois que vous comprenez que votre corps et votre cerveau ont été endommagés par l’impact biologique de traumatismes émotionnels précoces, vous pouvez enfin prendre les mesures nécessaires, sur bases scientifiques, pour effacer les empreintes que les expériences adverses précoces ont laissées sur votre neurobiologie. Cela se fait en “revisitant” le vécu des violences, accompagné pas à pas par un “démineur professionnel” avec une sécurité psychique offerte par la psychothérapie et si nécessaire par un traitement médicamenteux, pour que ce vécu puisse petit à petit devenir intégrable, car mieux représentable, mieux compréhensible, en mettant des mots sur chaque situation, sur chaque comportement, sur chaque émotion, en analysant avec justesse le contexte, ses réactions, le comportement de l’agresseur. Il ne peut y avoir de meilleur moment que maintenant pour commencer notre propre réveil, de nous aider nous-même proactivement, de même que ceux que nous aimons, d’embrasser la résilience, et d’avancer vers une croissance, voire même une transformation. Rapidement, ce travail se fait quasi automatiquement et permet de sécuriser le terrain psychique, car lors de l’allumage de la mémoire traumatique le cortex pourra aussitôt contrôler la réponse émotionnelle et apaiser la détresse sans avoir recours à une disjonction spontanée ou provoquée par des conduites dissociantes à risque. Approche thérapeutique mondialement connue, très présente en Europe (Allemagne, Suisse, Pays-Bas, Danemark, …), aux États-Unis, au Brésil … reconnue comme très efficace dans la résolution de l’état de stress post traumatique (ESPT), la SE développe en France depuis une dizaine d’années. Alors que ces émotions mènent le patient à se souvenir d’expériences difficiles spécifiques, il lui est demandé de déplacer le regard rapidement de manière spécifique, souvent en suivant un signal lumineux ou une baguette qui se déplace de gauche à droite et de droite à gauche, dans un mouvement qui simule l’effet guérisseur du sommeil paradoxal (sommeil REM pour rapid eye movement). La réponse émotionnelle monte alors en puissance sans rien pour l’arrêter avec une hyperactivité de l’amygdale cérébrale (Rauch, 2006) et atteint un stade de stress dépassé qui représente un risque vital par “survoltage” pour l’organisme : risque cardio-vasculaire (surproduction d’adrénaline, avec un risque d’ischémie myocardique) et neurologique (surproduction de cortisol, avec des atteintes neuronales et dendritiques localisées dans certaines structures du cerveau comme l’hippocampe, et responsables d’atrophies ces atteintes pouvant s’accompagner de crise comitiale, de perte de connaissance et d’amnésie lacunaire) (Wooley, 1990, Gould, 1998 ; Bremner, 2003 ; Elzinga, 2003 ; Nemeroff, 2009).

Comme le dit une personne interviewée pour mon nouveau livre “Childhood Disrupted: How Your Biography Becomes Your Biology, and How You Can Heal” lorsqu’elle a entendu parler des ACEs pour la première fois, « Maintenant je comprends pourquoi j’ai eu toute ma vie l’impression que j’essayais de danser sans entendre la musique. D’après Trish Magyari – thérapeute diplômée – un psychothérapeute en méditation pleine conscience et chercheur qui s’est spécialisé dans les traumatismes et les maladies, les adultes souffrant d’état de stress post-traumatique (ESPT) dus a des abus sexuels durant l’enfance, qui ont pris part à un programme MBSR « spécial traumatismes », ont moins d’anxiété et de dépression, et font preuve de moins de symptômes d’état de stress post-traumatique, même deux ans après avoir suivi ce programme. Cela se manifeste par une fixation globale, une perte fondamentale dans la capacité rythmée à autoréguler la stimulation, à s’orienter, à être dans le présent et dans le flux de la vie ».

Mémoire traumatique et conduites dissociantes

La disjonction du circuit émotionnel se fait entre autres à l’aide de la libération par le cerveau de neuromédiateurs qui sont des drogues dures endogènes morphine-like et kétamine-like : endorphines (morphines endogènes sécrétées au niveau de l’hypophyse et de la substance grise périaqueducale) et substances antagonistes des récepteurs NMDA (N-Méthyl-D-Aspartate) du système glutamatergique (avec effet dissociant kétamine-like) (Glover, 1993 ; Krystal, 1995 ; Zimmerman, 2010). Le pas le plus important que vous prouvez franchir en vue d’une guérison et d’une transformation est des répondre au questionnaire ACE pour vous-même et de partager votre score avec votre praticien de santé.

« Les événements traumatiques sont extraordinaires, non pas parce qu’ils arrivent rarement, mais plutôt parce qu’ils submergent les adaptations humaines ordinaires à la vie … le dénominateur commun du traumatisme est un sentiment de « crainte intense, d’impuissance, de perte de contrôle et de menace d’annihilation ». Elles représentent un risque très importants pour sa santé (accidents, maladies secondaires aux conduites addictives, maladies liées au stress), elles rendent vulnérables à d’autres violences (risque de re-victimisation) et peuvent être à l’origine de nouvelles violences. La mémoire traumatique des violences et les stratégies que développent les victimes pour l’éviter (conduites d’évitement, de contrôle et d’hypervigilance) ou l’anesthésier (conduites dissociantes) sont à l’origine des principaux symptômes psychotraumatiques. Ce n’est que depuis que l’on s’efforce de se renseigner sur tous les phénomènes de l’esprit en prenant le corps pour fil conducteur, que l’on commence à progresser »                                                                                                                    . Ils permettent de mieux comprendre la souffrance des victimes et certaines de leurs conduites qui jusque là pouvaient paraître paradoxales comme les conduites à risque (Schin, 2006 ; Salmona, 2008 ; Yehuda, 200). Le traitement psychothérapique centré sur la mémoire traumatique consiste à faire comprendre aux patients les mécanismes psychotraumatiques, dans le but d’éviter les conduites dissociantes et de faire en sorte qu’ils ne soient plus pétrifiés par le non-sens apparent des violences.

S’ils ne sont pas pris en charge spécifiquement, ils peuvent se chroniciser, durer de nombreuses années, voire toute une vie et s’accompagner de nombreuses pathologies (psychiatriques, cardio-vasculaires, endocriniennes, immunitaires, digestives, etc. Après seulement une seule session de neurofeedback EEG, les patients font preuve d’une meilleure connectivité neuronale et améliorent leur résilience émotionnelle, ce qui en fait une option convaincante pour ceux qui ont souffert des effets à long terme de stress infantile chronique et imprévisible.

Un individu relié à un ordinateur via des électrodes sur le cuir chevelu peut voir l’image d’un champ, lorsque son cerveau est sous-activé dans une zone clé, un champ qui change de réponse suivant l’activité neuronale, peut paraitre boueux et gris, avec des fleurs fanées ; mais lorsque cette zone est réactivée, cela déclenche une floraison colorée et le chant des oiseaux. Cette analyse poussée permet au cerveau associatif et à l’hippocampe de reprendre le contrôle des réactions de l’amygdale cérébrale et d’encoder la mémoire traumatique émotionnelle pour la transformer en mémoire autobiographique consciente et contrôlable (Nijenhuis, 2004). Dans une étude, des patients qui ont entrepris une thérapie montrent des changements dans l’intégrité de leur génome – même plus d’un an après la fin de leurs séances régulières de thérapie.

Par exemple une odeur qui donne un malaise et envie de vomir se rapporte à une odeur de l’agresseur, une douleur qui fait paniquer se rapporte à une douleur ressentie lors de l’agression, un bruit qui paraît intolérable et angoissant est un bruit entendu lors des violences comme un bruit de pluie s’il pleuvait, une heure de la journée peut être systématiquement angoissante ou peut entraîner une prise d’alcool, des conduites boulimiques, des raptus suicidaires, des auto-mutilations s’il s’agit de l’heure de l’agression, une sensation d’irritation, de chatouillement ou d’échauffement au niveau des organes génitaux survenant de façon totalement inadaptée dans certaines situations peut se rapporter à des attouchements subis, des “fantasmes sexuels” violents, très dérangeants dont on ne veut pas, mais qui s’imposent ne sont que des réminiscences traumatiques des viols ou des agressions sexuelles subies…. Le choc bouleverse aussi les pensées et les croyances et entraîne des évitements de tout ce qui peut ressembler ou faire penser à l’événement: refuser de prendre les transports publics après un attentat dans le métro ou ne plus prendre le volant après un accident de la circulation.

Cela peut s’obtenir de deux façons : soit en ajoutant des drogues exogènes, alcool ou substances qui sont elles aussi dissociantes (alcool, drogues, psychotropes à hautes doses), soit en augmentant leur sécrétion endogène par aggravation du stress (pour disjoncter malgré l’accoutumance).

» Soudain, elle a senti la possibilité qu’en entreprenant les démarches pour guérir de ses blessures émotionnelles du passé elle pourrait trouver de nouvelles formes de guérison dans le présent.

Un nombre croissant de recherches indiquent que les individus qui ont pratiqués la méditation pleine conscience et la « Mindfulness-Based Stress Reduction » (MBSR ou réduction du stress basée sur la pleine conscience) montent une augmentation de matière grise dans les parties du cerveau qui ont été endommagées par des expériences adverses de l’enfance et un changement dans les gènes qui régulent leur réponse physiologique au stress. Si vous ne trouvez pas les moyens de vous connecter, essayez un groupe de méditation pleine conscience, ou une formation MBSR, ou distribuez le questionnaire ACE autour de vous, ou même mon dernier livre : Comment vous pouvez guérir (How You Can Heal) à votre famille et vos amis de manière à susciter d’importante conversations significatives.

La victime devient experte en “déminage” et poursuit le travail toute seule, les conduites dissociantes ne sont plus nécessaires et la mémoire traumatique se décharge de plus en plus, la sensation de danger permanent s’apaise et petit à petit il devient possible de se retrouver et d’arrêter de survivre pour vivre enfin. Lorsque des enfants sont face à des expériences adverses, ils mettent souvent de côté dans leurs corps des décennies de tensions physiques qui proviennent d’états d’esprit issus de la peur : se battre, fuir ou se figer sur place (en anglais on les appelle les 3 F : Fight, Flee, Freeze). En poursuivant votre navigation sur Mediapart, vous acceptez l’utilisation de cookies contribuant à la réalisation de statistiques et la proposition de contenus et services ciblés sur d’autres sites.

Idéalement, étant donné les découvertes récentes dans le domaine des recherches sur les ACE, votre médecin va aussi reconnaitre que ce lien est plausible, et ajouter certaines des modalités suivantes à votre protocole de guérison. Elle n’est même pas toujours nécessaire et peut parfois carrément provoquer de gros dégâts en retraumatisant la personne», explique Olivier Piedfort, psychologue-psychothérapeute FSP, spécialiste en psychotraumatologie. La thérapie EMDR a été approuvé par l’Organisation Mondiale de la Santé comme l’une des deux seules formes de psychothérapie pour enfants et adultes dans les catastrophes naturelles et les situations de guerre.

Sexualité des survivants de l’inceste : quand les barrières n’existent plus Etude : impact des violences sexuelles sur la santé des femmes 7 manières dont les expériences traumatiques de l’enfance changent le cerveau d’un enfant Football au Royaume-Uni : huit leçons d’un scandale Action de sensibilisation à Villepinte Comment faire face aux ACEs peut nous rendre plus heureux, en meilleure santé et nous donner de l’espoir . ● La « Somatic Experiencing » pense que le corps-esprit est conçu pour guérir des expériences intenses et extrêmes, contrastant ainsi avec la croyance répandue que les effets du traumatisme sont permanents.

Auteur de nombreux ouvrages pratiques sur le traumatisme et la mort traumatique – ou quand les symptômes de deuil sont hors du commun, car la mort est hors du commun – elle aide avant tout les patients à reconnaître, exprimer leurs émotions, les comprendre, les accueillir, les valider. Le traitement consiste en même temps à faire identifier au patient sa mémoire traumatique qui prend la forme de véritables mines qu’il s’agit de localiser, puis de désamorcer et de déminer patiemment, en rétablissant des connexions neurologiques, en lui faisant faire des liens, en identifiant les violences et en réintroduisant des représentations mentales pour chaque manifestation de la mémoire traumatique. Certains pointent un événement lors duquel la personne s’est sentie menacée dans son intégrité physique ou psychique et qui a entraîné une très grande peur, de l’impuissance ou un sentiment d’horreur.

Une fois que les violences prennent sens par rapport au passé traumatisant de l’agresseur, que les victimes se rendent comte que les violences ne les concernent absolument pas, qu’elles se jouent sur une autre scène, celle de la mémoire traumatique de l’agresseur et de son passé, le scénario mis en scène par l’agresseur ne fonctionne plus, il devient possible aux victimes de ne plus y participer. Les recherches de pointe nous montrent que d’avoir vécu des expériences traumatisantes émotionnellement peut jouer un rôle important dans le développement de maladies physiques à l’âge adulte. Mais les conduites de contrôles et d’évitement sont rarement suffisantes, particulièrement lors de grands changements (adolescence, rencontre amoureuse, naissance d’un enfant, entrée dans la vie professionnelle, chômage, deuil, maladie, etc…) et la mémoire traumatique explose alors fréquemment, traumatisant à nouveau les victimes, et entraînant à nouveau un risque vital, une disjonction, une anesthésie émotionnelle et une nouvelle mémoire traumatique. Cette disjonction entraîne une anesthésie émotionnelle et physique alors que les violences continuent, et elle donne une sensation d’irréalité, de déconnexion, d’indifférence, d’insensibilité, de corps mort, de n’être plus dans la situation, mais de la vivre de l’extérieur en spectateur, c’est ce qu’on appelle la dissociation péri-traumatique.

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Ces conduites d’aggravation de stress et ces conduites addictives dont les victimes découvrent tôt ou tard l’efficacité sans en comprendre les mécanismes, je les ai nommées conduites dissociantes (Salmona, 2009a).

Du déni à l’amnésie USA : Les maltraitances infantiles revues à la hausse en Californie Enfants abusés: Traces dans l’ADN et le cerveau Traumatismes dans l’enfance : sortir du cercle infernal Les traumatismes infantiles : handicap ou injustice .   La mémoire émotionnelle des violences va rester piégée dans l’amygdale, isolée elle ne sera pas traitée par l’hippocampe (structure cérébrale qui est un “logiciel” de traitement et d’encodage de la mémoire consciente et des apprentissages, et de repérage temporo-spatial), elle ne pourra pas devenir un souvenir autobiographique qui se raconte et dont la charge émotive se modifie avec le temps (Van der Kolk, 1991, Krystal, 1995). Une fois que nous comprenons comment le passé peut déborder dans le présent, et comment une enfance difficile peut devenir un âge adulte au présent tumultueux et difficile, nous avons une nouvelle possibilité de guérison. Ils sont malheureusement méconnus, et les médecins qui ne sont pas formés à la psychotraumatologie ne vont pas relier les symptômes et les troubles des conduites que présentent les victimes aux violences qu’elles ont subies et donc ne pas les traiter spécifiquement. L’acceptation inconditionnelle du thérapeute nous aide à modifier les circuits dans notre cerveau qui nous disent que nous ne pouvons faire confiance à personne, et développer de nouvelles connections neuronales plus saines.

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Des faits apparemment bénins peuvent faire des dégâts; le traumatisme est si commun que la plupart des gens ignorent qu’ils en souffrent, avance quant à lui Peter Levine, docteur américain en biophysique médicale et psychologie. Lorsque vous entreprenez le processus de guérison malgré vos expériences traumatiques de l’enfance, vous ne devenez pas seulement celui ou celle que vous auriez été si vous n’aviez pas commencé par rencontré ces souffrances durant votre jeunesse. Reconnaitre que le stress chronique durant l’enfance peut jouer un rôle – de même que la génétique et d’autres facteurs – dans le développement de maladies et de difficultés relationnelles à l’âge adulte, peut être extrêmement libérateur.

Tout symptôme, tout cauchemar, tout comportement qui n’est pas reconnu comme cohérent avec ce que l’on est fondamentalement, toute pensée, réaction, sensation incongrue doit être disséqué pour le relier à son origine, pour l’éclairer par des liens qui permettent de le mettre en perspective avec les violences subies. Ces conduites violentes ne sont possibles que dans un cadre inégalitaire qui permet de fabriquer des victimes toutes désignées et de les instrumentaliser le plus souvent en toute impunité (Salmona, 2009b). (Peter Levine) « Les événements traumatiques sont extraordinaires, non pas parce qu’ils arrivent rarement, mais plutôt parce qu’ils submergent les adaptations humaines ordinaires à la vie … le dénominateur commun du traumatisme est un sentiment de « crainte intense, d’impuissance, de perte de contrôle et de menace d’annihilation ».

Dans les études récentes, parallèlement à l’efficacité clinique du traitement, la neuro-imagerie montre une augmentation du volume de l’hippocampe avec une neurogenèse et une restauration dendritique : les atteintes neuronales ne sont donc pas définitives (Ehling, 2003). Aujourd’hui, les chercheurs reconnaissent toute une gamme d’approches prometteuses pour aider à fabriquer de nouveaux neurones (connu sous le nom de neurogenèse), créer de nouvelles connexions synaptiques entre ces neurones (connu sous le nom de synptogenèse), développer de nouveaux schémas de pensées et de réactions, remettre en ligne des zones du cerveau déconnectées – et réinitialiser notre réponse au stress de manière à diminuer l’inflammation qui nous rend malade. Et si le risque de développer un ESPT est de 24% lors de traumatismes en général, dans le cadre des violences les risques de développer un ESPT sont beaucoup plus importants, de 50 à 60 % de risque pour les violences intra-familiales (Astin, 1996 ; Stein, 2001) et jusqu’à 80% en cas de viol (Breslau, 1991). Ces conduites dissociantes provoquent la disjonction et l’anesthésie émotionnelle recherchées, mais elles rechargent aussi la mémoire traumatique, la rendant toujours plus explosive et rendant les conduites dissociantes toujours plus nécessaires, créant une véritable addiction aux mises en danger et/ou à la violence. La désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires (EMDR – Eye Movement Desensitisation and Reprocessing) est une forme de psychothérapie puissante qui aide les individus à se souvenir d’expériences difficiles en toute sécurité et relie ces souvenirs de manières qui ne causent plus de peine dans le présent.

« Un des objets de la « Somatic Experiencing » est d’augmenter chez nos clients cette capacité de «  résilience » qui peut faire défaut, amener la fluidité dans la biologie de la personne, se retrouver du côté de la vie. Cette mémoire enkystée est semblable à une machine à remonter le temps, elle menace de s’enclencher à tout moment de façon incontrôlable, en plongeant à nouveau la victime au milieu des violences subies, et en reproduisant tout ou partie de leur vécu sensoriel et émotionnel. La reconnaissance que vous avez vécu des moments difficiles vous pousse à développer l’empathie profonde, chercher plus d’intimité, donner plus de valeur aux doux moments de la vie, et chérir votre connexion aux autres et au monde en général.

La redirection répétitive de l’attention en EMDR induit un état neurobiologique qui aide le cerveau à réintégrer les connexions neuronales qui ont été dérégulées par le stress chronique imprévisible et les expériences du passé.

Elle recrée alors une forte réponse émotionnelle qui sera incompréhensible pour le cortex et l’hippocampe puisque ces derniers vont recevoir des messages paradoxaux : un message émanant du thalamus via le cortex sensoriel et sensitif informant de situations banales et un message émanant de l’amygdale envoyant au cortex des informations émotionnelles liées à la mémoire traumatique de situations de danger mortel. Et chez la plupart des victimes, ces systèmes de survie hors norme seront injustement stigmatisés comme des handicaps constitutionnels, et seront perçus comme une fragilité constitutionnelle, alors que ce sont des réactions normales à des situations violentes anormales.

La dissociation peut parfois s’installer de manière permanente donnant l’impression de devenir un automate, d’être dévitalisé, déconnecté, anesthésié, confus, comme un “mort-vivant” (Nijenhuis, 2004, Lanius, 2010).

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